Conakry – Une défaillance technique majeure sur le navire KPS 5 a entraîné une réduction de 20 MW de l’approvisionnement électrique en Guinée, mettant en péril la stabilité énergétique du pays. Face à cette situation critique, l’opérateur privé Karpowership (KPS) a dû affréter en urgence un second navire, le KPS 24, pour compenser la perte de production.
Un déficit énergétique soudain
Le navire KPS 5, d’une capacité initiale de 150 MW, a subi une panne affectant deux de ses groupes électrogènes, limitant ainsi son apport au réseau électrique national. Cette situation, survenue en mars 2025, a suscité l’inquiétude des autorités guinéennes, déjà engagées dans une démarche visant à assurer un approvisionnement stable en électricité pour le Grand Conakry et au-delà.
Confronté à l’ampleur du problème et sous la menace de sanctions contractuelles, Karpowership a dû mobiliser un autre navire, le KPS 24, d’une capacité de 110 MW. Déjà arrivé dans les eaux guinéennes, ce dernier est actuellement en phase de raccordement au réseau électrique national.
Une prise en charge exclusive par Karpowership
Le ministère guinéen de l’Énergie a précisé que toutes les charges liées à cette opération – coûts d’exploitation, intégration au réseau, taxes et redevances – seront intégralement supportées par Karpowership. Le gouvernement guinéen, qui n’a contracté que pour un seul navire de 150 MW, refuse catégoriquement d’assumer des frais supplémentaires liés à cette défaillance.
« Toute mesure corrective incombe exclusivement à KPS. L’État guinéen ne tolérera aucun surcoût et veillera à l’application stricte des clauses contractuelles », a affirmé le ministère de l’Énergie dans un communiqué officiel.
Un audit technique en cours
En parallèle, un audit technique indépendant a été lancé afin d’évaluer précisément l’ampleur de la panne et d’assurer une réparation transparente du navire KPS 5. L’objectif est d’éviter que de telles situations ne se reproduisent et de garantir la viabilité à long terme du dispositif énergétique mis en place par la Guinée.
Vers une indépendance énergétique durable
Si le retour temporaire du KPS 24 permet de stabiliser la fourniture en électricité, le gouvernement guinéen reste déterminé à réduire sa dépendance aux solutions d’urgence. Le développement du mix énergétique est au cœur des priorités, avec des investissements massifs dans les infrastructures hydroélectriques, solaires et thermiques.
Entre le barrage hydroélectrique d’Amaria (300 MW), les micro-barrages de Keno et Loffa, ainsi que la mise en service progressive de nouvelles centrales, la Guinée vise à atteindre l’autosuffisance énergétique d’ici la fin de l’année 2025.
« Notre ambition est claire : mettre un terme au déficit énergétique et positionner la Guinée comme un pays exportateur d’électricité », a déclaré le Premier ministre Amadou Oury Bah lors d’une récente conférence de presse.
Avec cette approche, la Guinée espère ne plus être tributaire de solutions temporaires comme les navires de production électrique et asseoir durablement son indépendance énergétique.
Miroirguinee.com