Autrefois havre de verdure et de fraîcheur, la préfecture de Télimélé, jadis riche en ressources hydriques, est aujourd’hui en proie à une dégradation environnementale alarmante. Rivières, marigots et fleuves, qui faisaient jadis le bonheur des enfants et des habitants, sont désormais en voie de disparition, conséquence directe des activités humaines et du changement climatique.
Un passé verdoyant et prospère
Il fut un temps où Télimélé était synonyme d’abondance en eau. Le débit constant des cours d’eau, quelle que soit la saison, favorisait des activités comme la baignade, la pêche à l’hameçon, la lessive et le jardinage. Pour les jeunes, le mois de mars coïncidait avec la saison des mangues, et les marigots grouillaient d’enfants venus des villages riverains, remplissant des sacs de fruits et y passant de longues heures.
À l’école, en décembre et janvier, écrire était une épreuve entre 8 h et 10 h en raison du froid mordant, un phénomène semblable au syndrome de Raynaud. Mais aujourd’hui, ces réalités ne sont plus qu’un lointain souvenir.
L’impact des activités humaines
L’avènement des forages de proximité a réduit la fréquentation des points d’eau naturels par les femmes pour la lessive et l’approvisionnement en eau. Cependant, c’est surtout l’intensification des activités anthropiques qui a accéléré la destruction des écosystèmes. Jadis inconnue à Télimélé, la carbonisation du bois s’est répandue, suivie du tronçonnage massif et des feux de brousse. Mais le coup de grâce est venu des exploitations minières.
Là où les bowés servaient de pâturages aux éleveurs, ils sont aujourd’hui exploités sans retenue par des sociétés minières uniquement préoccupées par la rentabilité et la montée en bourse. Résultat : la végétation a reculé, la chaleur a augmenté et les populations rurales voient leurs moyens de subsistance s’effondrer.
Une nature en détresse, un avenir incertain
Les rivières et marigots qui faisaient la fierté de Télimélé sont à sec. Les forêts autrefois préservées par des mythes ont disparu, et les grands arbres ne servent plus qu’à fabriquer des charpentes. L’agriculture et l’élevage, piliers économiques des populations, sont en déclin, contraignant de nombreux habitants à l’exil.
Pire encore, au lieu de protéger l’environnement, certains représentants de l’État dans les collectivités se contentent d’encaisser des amendes au lieu de prévenir la destruction des ressources naturelles.
Face à ce désastre écologique, une question s’impose : combien de temps faudra-t-il avant que la nature, agressée de toutes parts, ne nous dise définitivement adieu ? Avec des températures flirtant avec les 45 degrés, l’avenir semble bien sombre pour Télimélé et ses habitants.
Par Miroir Guinée