La récente décision portant dissolution de plusieurs formations politiques dans notre pays suscite aujourd’hui de nombreuses interrogations et inquiétudes légitimes au sein de l’opinion nationale.
Parmi ces partis figurent des formations historiques qui ont marqué l’histoire politique de la Guinée : le PDG-RDA du président Ahmed Sékou Touré, le PUP du président Lansana Conté, le RPG du professeur Alpha Condé, ainsi que l’UFDG et plusieurs autres acteurs importants de la vie politique nationale.
Effacer ainsi d’un seul trait des formations politiques qui ont participé à l’histoire de notre pays pose une question fondamentale : est-ce la voie qui peut conduire à la réconciliation nationale et à la stabilité durable de la Guinée ?
En tant qu’acteurs de la société civile engagés pour l’unité nationale, nous estimons qu’il est de notre devoir d’exprimer une position claire et responsable.
Nous reconnaissons que les partis politiques portent eux-mêmes une part de responsabilité dans la crise politique que notre pays a connue. Si, au fil des années, les règles démocratiques avaient été respectées, si les partis avaient privilégié l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des intérêts personnels, si l’esprit de dialogue et de responsabilité avait prévalu, notre pays n’aurait peut-être jamais connu les ruptures institutionnelles que nous avons vécues.
Mais reconnaître cette responsabilité ne signifie pas que la solution doit être l’exclusion ou l’effacement brutal de l’histoire politique nationale.
La Guinée n’a jamais manqué de lois, ni de constitutions, ni de chartes.
Le véritable défi de notre pays a toujours été le respect des textes que nous adoptons nous-mêmes.
C’est pourquoi nous pensons que la refondation nationale ne peut réussir que dans l’inclusion, le dialogue et la cohérence de l’État.
Nous invitons respectueusement les autorités et particulièrement le Président de la République, Mamadi Doumbouya, à privilégier une approche capable de rassembler les Guinéens plutôt que de les diviser davantage.
La refondation doit être un moment de pardon, de dialogue et de reconstruction nationale.
Elle ne doit pas devenir un moment d’exclusion.
Nous pensons qu’un véritable dialogue national avec les acteurs politiques reste la meilleure voie pour :
– réexaminer la charte des partis politiques
– définir des critères clairs et équitables
– accorder un moratoire raisonnable permettant aux partis de se mettre en conformité
– et reconstruire un espace politique crédible et respectueux des règles.
Nous appelons également les militants et les jeunes engagés dans la mouvance présidentielle à faire preuve de responsabilité historique. Défendre un dirigeant ne signifie pas applaudir tout ce qui est fait. Le véritable soutien consiste à dire la vérité lorsque l’intérêt supérieur de la nation est en jeu.
L’histoire jugera chacun d’entre nous.
Ce qui doit guider nos positions aujourd’hui ne doit pas être les intérêts individuels, ni les calculs politiques, mais l’avenir de la Guinée et l’unité de son peuple.
La Guinée mérite mieux que les divisions permanentes.
La Guinée mérite la sagesse, la justice et le rassemblement.
Le Président de l’UCEG
M.Amadou Barry



