La dernière étape de la campagne nationale de formation des journalistes sur la prévention du discours de haine a été lancée ce lundi 6 juillet 2026 à Conakry. Organisée pour deux jours à la Maison commune des Nations Unies, cette session réunit des professionnels des médias de la capitale après plusieurs étapes tenues dans les différentes régions du pays depuis le 24 mars dernier.
Cette initiative est portée par le Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG), avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et de l’UNICEF. Elle vise à renforcer les capacités des journalistes sur les enjeux liés au discours de haine et à mettre en place un comité de veille chargé du suivi et de l’alerte précoce.
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, la représentante résidente adjointe du PNUD, Kossiwa Didi Davi, a salué l’engagement des journalistes en faveur des droits humains, de la paix et de la cohésion sociale.
« Votre présence ici ce matin témoigne de votre engagement personnel sur les questions des droits de l’homme, de la cohésion sociale et de la paix, mais aussi du rôle central que vous jouez sur ces questions en République de Guinée et au-delà », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé que cette formation s’inscrit dans le cadre du projet du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix. Selon elle, l’objectif est non seulement de renforcer les connaissances des participants, mais également de favoriser les échanges d’expériences et l’harmonisation des pratiques professionnelles.
« L’activité permettra de renforcer vos capacités, de vous permettre de vous retrouver entre vous, discuter, échanger, partager des expériences, mais surtout mieux harmoniser vos connaissances sur les questions des droits de l’homme et du discours de haine. À la fin, un comité de veille sera mis en place pour servir également de mécanisme d’alerte précoce sur les questions de discours de haine », a-t-elle expliqué.
De son côté, le secrétaire général du SPPG, Sékou Jamal Péndessa, a mis en avant l’ampleur de cette campagne de formation, qu’il a qualifiée d’inédite.
« La particularité de cette formation, contrairement à celles que l’on a l’habitude de voir, c’est qu’elle s’est prolongée jusqu’au niveau des préfectures. C’était une véritable formation nationale. Nous estimons que c’est le plus grand périple de formation des journalistes réalisé ces dernières années en République de Guinée. Cette mobilisation a été rendue possible grâce au réseau des antennes régionales et des points focaux du syndicat, avec l’appui des partenaires techniques et financiers », a-t-il affirmé.
Selon le responsable syndical, cette initiative s’inscrit dans la volonté du SPPG de promouvoir un journalisme responsable contribuant à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix.
« Nous sommes convaincus que si les journalistes font correctement leur travail et connaissent leurs limites, les médias contribueront forcément à la promotion de la paix et à la quiétude sociale dans notre pays », a-t-il soutenu.
À cette occasion, Sékou Jamal Péndessa a également plaidé pour la poursuite de ce type de formations afin de renforcer durablement les compétences des professionnels des médias sur les différentes problématiques liées à l’exercice du métier de journaliste.
La session de Conakry marque ainsi l’ultime étape d’une campagne nationale de renforcement des capacités menée dans les régions administratives et les préfectures du pays depuis mars 2026.
Fatimatou Diallo



