L’ancien Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, a obtenu une liberté provisoire le 5 mars dernier, accordée par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), en raison de son état de santé jugé préoccupant.
Malgré cette décision judiciaire, l’ancien chef du gouvernement demeure hospitalisé. Ses avocats affirment que son état reste critique et plaident pour une évacuation sanitaire à l’étranger afin qu’il puisse bénéficier de soins spécialisés.
Dans un entretien accordé à Guinee360, son avocat, Dinah Sampil, explique que son client était déjà admis à l’hôpital lorsque l’ordonnance de mise en liberté provisoire a été rendue.
« L’ordonnance de sa mise en liberté l’a trouvée à l’hôpital. Oui. C’est une évidence que quelqu’un qui est à l’hôpital, c’est parce qu’il est malade. Ce n’est pas par plaisir, depuis quatre ans qu’il est habilité dans cet établissement, qu’il est resté pendant tout ce temps », a-t-il déclaré.
Selon l’avocat, l’état de santé de l’ancien Premier ministre se serait aggravé en raison d’une prise en charge médicale insuffisante durant sa détention.
« Il s’est trouvé qu’au moment où la liberté intervenait, sa situation s’était aggravée médicalement, parce que jusque-là, pendant quatre ans, il n’a reçu aucun traitement. Il était tout ce temps pendant un sous-traitement, un sous-calment », a-t-il ajouté.
La défense affirme également que plusieurs avis médicaux auraient recommandé une prise en charge spécialisée hors de la Guinée.
« Très tôt, les autorités ont été alertées par les avis médicaux que le mal dont il souffre ne peut pas être soigné ici, puisqu’il faut une chirurgie appropriée. Donc, n’ayant pas d’équipement adéquat ni de spécialiste sur place, la nécessité de son évacuation s’imposait », a soutenu Me Sampil.
Selon l’avocat, l’ancien Premier ministre reste alité et dans l’incapacité de se déplacer.
« Il n’est pas sorti de l’hôpital. Il ne peut pas se tenir debout. Il ne marche pas. Il est allongé », a-t-il indiqué.
La défense rappelle toutefois que la liberté accordée par la CRIEF reste provisoire et assortie de restrictions.
« D’abord, il faut dire qu’il est sous libération conditionnelle, provisoire. Ce n’est pas une libération définitive. Donc, l’examen sur le fond de son affaire pourrait se prononcer sur la liberté définitive. Or, tant que tu n’es pas définitivement libre, tu ne peux pas sortir du territoire national », a précisé l’avocat.
Une audience sur le fond du dossier est prévue le 26 mars prochain devant la CRIEF. Les avocats de l’ancien Premier ministre ont toutefois introduit une requête pour obtenir une réduction du délai, évoquant l’urgence médicale et la disponibilité d’un établissement hospitalier à Paris prêt à le recevoir.
La décision des autorités judiciaires devrait déterminer si Ibrahima Kassory Fofana pourra être autorisé à quitter le territoire pour bénéficier de soins à l’étranger.
Barry 3, miroirguinee.com




