La Directrice générale des Élections (DGE), Djenabou Touré, a présenté, samedi 31 janvier, les principales orientations du nouveau dispositif électoral qui encadrera les prochaines élections en Guinée. Ces réformes interviennent dans un contexte de refonte du système électoral, marqué notamment par l’introduction d’un nouveau mode de scrutin.
La DGE s’exprimait à l’occasion de la clôture de l’atelier national d’évaluation du référendum constitutionnel du 21 septembre 2025 et de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. La rencontre s’est tenue en présence des autorités administratives de la région de Kindia, de représentants de la société civile et de magistrats.
Selon Djenabou Touré, la Guinée s’apprête à organiser une série d’élections, notamment les législatives, communales, régionales et sénatoriales, conformément au nouveau Code électoral adopté le 27 septembre 2025. À cet effet, un tableau de bord juridique a été élaboré et un projet de chronogramme transmis au président de la République, seule autorité habilitée à fixer les dates des différents scrutins.
La Directrice générale des Élections a rappelé que la date de chaque scrutin est fixée à 90 jours (J-90), tandis que la convocation du corps électoral intervient à 60 jours (J-60). Elle a également souligné l’existence de délais incompressibles pour le dépôt des candidatures.
L’une des principales innovations annoncées concerne le mode de scrutin. La représentation proportionnelle nationale et le scrutin uninominal majoritaire, jusque-là en vigueur, seront remplacés par des scrutins uninominal et plurinominal. Certaines circonscriptions pourront ainsi élire deux, trois ou quatre députés, selon des critères démographiques et territoriaux établis avec l’appui de l’Institut national de la statistique, conformément à une clé de répartition définie par la loi.
Par ailleurs, la DGE a annoncé la mise en place d’une procédure de délivrance de duplicatas de cartes d’électeurs pour les citoyens ayant perdu leur document. Bien que la loi prévoit un paiement, cette opération devrait être rendue gratuite. Elle est programmée à J-40 avant le scrutin, avec une phase de production et de distribution des cartes étalée sur quinze jours.
Concernant les élections communales, les mécanismes de désignation des membres des bureaux de vote resteront inchangés. Les conseillers communaux seront élus au suffrage direct, puis procéderont à l’élection du maire et du vice-maire. La durée de la campagne électorale est fixée à 18 jours, portée à 20 jours pour les élections communales.
Les élections régionales se dérouleront au suffrage indirect. Les conseillers communaux élus seront chargés de désigner, parmi eux, les membres du conseil régional, à l’exception des exécutifs communaux.
S’agissant du Sénat, Djenabou Touré a rappelé que cette institution sera composée pour un tiers de membres nommés par le président de la République et pour deux tiers de membres élus par les grands électeurs, constitués des conseillers communaux et régionaux. L’organisation de ce scrutin interviendra après l’installation des institutions locales et régionales.
Ces réformes visent à renforcer l’encadrement juridique et organisationnel du processus électoral, dans un contexte où les prochaines échéances sont attendues comme un test majeur de la crédibilité et de la maturité du système électoral guinéen.
Barry 3, miroirguinee.com




