Ce lundi 19 janvier 2026, une vive tension a été observée au marché Forêt, dans la commune urbaine de N’Zérékoré. Plusieurs femmes vendeuses et commerçantes ont investi les artères du marché pour dénoncer leur déguerpissement de leurs lieux habituels de commerce.
Sur place, la colère était palpable. Entre pleurs, cris de détresse et slogans improvisés, ces mères de famille ont exprimé leur désarroi face à une situation qu’elles jugent injuste et menaçante pour leur survie économique. Déterminées à ne pas quitter les lieux, elles interpellent les autorités au plus haut niveau, notamment le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, afin qu’une solution durable soit trouvée à cette crise, rapporte un correspondant de Guineematin.com à N’Zérékoré.
Mobilisées en grand nombre, les manifestantes se sont rendues auprès des autorités locales, en particulier le président par intérim de la Chambre préfectorale de commerce, pour plaider leur cause.
« Nous allons quitter pour partir où ? C’est ici que nous gagnons le quotidien pour nourrir nos enfants. Nous demandons aux autorités d’avoir pitié de nous. Nous sollicitons l’aide du président Mamadi Doumbouya pour que nous puissions rester dans ce marché. Si nous quittons ici, nous n’avons nulle part où aller. On nous parle du marché de Boma, mais imaginez : chaque jour, quitter le quartier Gonia pour Boma coûte 10 000 francs guinéens à l’aller et 10 000 francs au retour. Nous ne sommes que de simples vendeuses d’oignons, d’aubergines, de charbon ou d’huile rouge. Les 1 000 francs que nous gagnons servent à payer la scolarité de nos enfants. Certaines d’entre nous sont veuves, d’autres ne sont pas mariées. Nous demandons au président de voir notre cri de cœur », a confié une manifestante, visiblement émue.
Face à cette situation, Issiaka Bérété, président par intérim de la Chambre préfectorale de commerce de N’Zérékoré, a tenté d’apaiser les tensions. Il a appelé les femmes au calme, assurant que des démarches sont en cours pour trouver une issue favorable.
« Le lieu où ces femmes exercent le commerce se trouve dans la zone réservée à l’hôtellerie. Les responsables du secteur envisagent d’y construire leurs bureaux, raison pour laquelle il a été demandé aux femmes de quitter les lieux. Le président de la délégation spéciale étant absent, je l’ai joint au téléphone. Il m’a indiqué qu’un délai avait été accordé à ces femmes depuis le mois d’octobre 2025. Personnellement, je viens tout juste d’être informé de la situation. Je vais consulter les autorités compétentes afin de voir ce qu’il y a lieu de faire. En attendant, j’ai demandé aux femmes de rester calmes pendant que des solutions sont recherchées », a-t-il déclaré.
Pour l’heure, les commerçantes restent mobilisées et espèrent une intervention rapide des autorités afin d’éviter une aggravation de la crise sociale au sein du principal centre commercial de la ville.




