Une affaire judiciaire liée à la rénovation de la grande mosquée du quartier Kenendé, dans la commune urbaine de Kindia, est actuellement examinée par le Tribunal de première instance (TPI) de Kindia. Ce lundi 9 février 2026, un imam, des sages et plusieurs jeunes du quartier ont comparu pour répondre d’une accusation de diffamation portée par l’érudit de Kindia, Elhadj Abdoul Wakil Keïta.
À l’origine de la procédure se trouve un projet de rénovation de la mosquée, financé par le plaignant à hauteur de 2 milliards de francs guinéens. Toutefois, le choix de l’imam appelé à diriger l’édifice après les travaux a suscité des tensions au sein de la communauté. Selon les éléments évoqués à l’audience, le premier imam de Kenendé, Naby Moussa Soumah, en poste depuis 37 ans, entretiendrait un différend ancien avec le donateur. Cette situation aurait alimenté des soupçons de volonté de remplacement de l’imam.
Devant le tribunal, l’un des prévenus a reconnu la signature d’un document incriminé, tout en affirmant que les propos qu’il contenait provenaient du chef de quartier, Fodé Sylla, connu sous le surnom de « Lucio ». Selon ce témoignage, ce dernier aurait déclaré qu’Elhadj Abdoul Wakil Keïta conditionnait la réalisation de projets communautaires — notamment le goudronnage, l’adduction d’eau et la construction d’un centre de santé — au changement de l’imam de la mosquée. Ces propos auraient été consignés dans le document avec l’accord des sages du quartier, en signe de désaccord avec cette éventuelle décision.
Lors de l’audience, Moussa Camara, qui devait représenter le plaignant, s’est présenté sans procuration légale. Sa prise de parole a été rejetée par le président du tribunal. Ce dernier a également ordonné la comparution du chef de quartier Fodé Sylla et de son adjoint, Fodé Sacko, estimant leur témoignage indispensable à la manifestation de la vérité.
Les prévenus ont bénéficié d’une mise en liberté provisoire. L’affaire a été renvoyée au mercredi 18 février 2026, date à laquelle le chef de quartier et son adjoint sont attendus devant le tribunal pour la poursuite des débats.
Barry 3, miroirguinee.com



