Le réseau social CheepChat, développé par le jeune Guinéen Alhassane Diallo, poursuit son expansion et revendique désormais plus de 130 000 utilisateurs. Une progression significative pour cette plateforme née en Guinée, qui ambitionne de s’imposer comme une alternative africaine dans un écosystème dominé par les géants internationaux du numérique.
Présentée comme « une référence du numérique africain », CheepChat entend se distinguer par une approche centrée sur les usages locaux.
« Notre ambition est de faire de CheepChat une référence du numérique africain, capable de rivaliser avec les plus grandes plateformes internationales, tout en proposant un modèle plus juste, plus inclusif et plus proche de ses utilisateurs », a déclaré son fondateur lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 17 juillet 2026 à la Maison de la presse de Conakry.
Une croissance qui impose des défis techniques
L’augmentation du trafic oblige la jeune entreprise à renforcer ses capacités techniques, notamment en matière d’hébergement, de cybersécurité et de performance.
À l’occasion du lancement officiel de sa campagne de soutien, Alhassane Diallo a insisté sur l’ampleur des enjeux. Selon lui, la gestion d’une communauté en forte croissance nécessite « des investissements majeurs » afin d’assurer la stabilité des serveurs et la sécurisation des données à l’échelle mondiale.
Cette campagne de financement vise à soutenir la prochaine phase de développement de la plateforme, avec pour objectif de moderniser les infrastructures et d’accélérer l’innovation.
Un projet né sur les bancs du lycée
L’origine de CheepChat remonte aux années lycée de son fondateur. C’est avec son frère jumeau qu’il imagine les premières bases du projet.
« C’est lui qui a proposé de créer un réseau social réunissant les meilleures fonctionnalités des technologies d’aujourd’hui. J’ai immédiatement accepté cette vision », a-t-il rappelé.
Le développement initial s’est appuyé sur des moyens limités, mais sur une forte implication personnelle et familiale. Le fondateur évoque notamment le rôle déterminant de son entourage, citant son père, qui met à disposition les premiers équipements informatiques, ainsi que son frère, qui finance l’accès à Internet pour permettre la poursuite du développement.
Après l’obtention du baccalauréat, Alhassane Diallo fait le choix de suspendre ses études pendant une année afin de se consacrer entièrement au projet. Une décision qui aboutit à la mise en ligne d’une première version opérationnelle, suivie d’une version bêta en décembre, puis d’une version commerciale dès janvier.
Une visibilité progressive et des appuis importants
Au fil de son évolution, CheepChat bénéficie de plusieurs relais de visibilité. Le projet est d’abord présenté au créateur de contenu Sopralpha, avant d’être relayé par plusieurs médias locaux et présenté dans des établissements universitaires, notamment à l’Université de Labé.
Le fondateur affirme également avoir bénéficié d’un appui institutionnel du ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, ainsi que d’un accompagnement technique de l’incubateur Nimba Hub, qui ont contribué à structurer le projet.
Une équipe portée par une culture autodidacte
Au-delà du produit, le développeur met en avant une philosophie de travail fondée sur la passion et l’apprentissage autonome.
« Dans mon équipe, on n’est que des autodidactes… Les autodidactes, ce sont les passionnés », explique-t-il, revendiquant un modèle reposant davantage sur l’engagement que sur les parcours académiques classiques.
Cette dynamique se traduit par une équipe technique issue d’horizons variés, mais réunie autour d’un objectif commun : développer une solution compétitive à l’échelle internationale.
Une ambition panafricaine dans un marché concurrentiel
Avec plus de 130 000 utilisateurs, CheepChat se positionne comme l’une des initiatives émergentes du numérique africain.
« Ce chiffre ne représente pas seulement une communauté. Il représente des milliers de personnes qui ont cru en un projet né d’un rêve de lycéen », souligne Alhassane Diallo.
Dans un contexte où de nombreuses startups africaines cherchent à réduire la dépendance aux plateformes étrangères, CheepChat s’inscrit dans une dynamique plus large de souveraineté numérique.
Le défi reste toutefois considérable : transformer cette croissance en un modèle économique viable et durable, capable de soutenir la concurrence internationale.
Le développeur lance ainsi un appel à un soutien collectif pour accompagner cette ambition.
« En soutenant CheepChat, vous ne financez pas seulement une application. Vous participez à la construction d’un projet porté par sa communauté », insiste-t-il.
À l’heure où les écosystèmes technologiques africains poursuivent leur structuration, l’évolution de CheepChat sera observée comme un indicateur de la capacité du continent à faire émerger ses propres plateformes numériques à vocation mondiale.
Fatimatou Diallo, miroirguinee.com



