L’ancien ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, chargé de la récupération des domaines spoliés de l’État, Mory Condé, a vivement critiqué l’exercice du métier d’agent immobilier en République de Guinée. Il s’exprimait le jeudi 15 janvier dernier, à Conakry, lors du lancement des travaux de la première session de la Commission nationale de la réforme foncière et de l’habitat (CONAREFH).
Selon Mory Condé, cette activité demeure insuffisamment encadrée en raison de l’absence de textes législatifs et de référentiels réglementaires. Il a indiqué que l’un des axes majeurs de réflexion de la commission portera sur la professionnalisation du métier d’agent immobilier, communément appelé « démarcheur ».
« Nous sommes le seul pays où ce métier n’est pas professionnalisé et il n’existe aucun texte ni référentiel sur la question », a-t-il déclaré, dénonçant certaines pratiques observées dans la gestion et la commercialisation des biens immobiliers de l’État. Il a notamment évoqué des cas de spéculation et de surévaluation des prix lors de la mise sur le marché de biens saisis par l’agent judiciaire de l’État.
Le président de la CONAREFH a également pointé la responsabilité de certains agents immobiliers dans la flambée des loyers. Selon lui, des propriétaires fixent parfois des loyers modérés, mais ceux-ci sont revus à la hausse par des intermédiaires en fonction du profil du locataire, entraînant des coûts jugés excessifs.
« Parce que le secteur n’est pas régulé, il n’y a aucun texte. C’est un métier qui s’exerce sans aucun référentiel », a-t-il souligné. Il a annoncé que les travaux de la commission devraient aboutir, lors des prochaines sessions, à la présentation d’un projet de loi portant sur la professionnalisation des métiers de promoteur immobilier et d’agent immobilier.
Par ailleurs, Mory Condé a soulevé la question de la gestion du patrimoine immobilier, notamment l’absence de cadre juridique régissant le rôle des syndics d’immeubles. Il a déploré un vide juridique qui permet à des opérateurs de se positionner comme gestionnaires sans règles claires, entraînant une fixation non harmonisée des charges et des loyers au sein d’un même immeuble.
Selon lui, cette situation favorise des disparités tarifaires basées sur l’identité ou la fonction des locataires, plutôt que sur des critères objectifs.
Les travaux de la CONAREFH visent ainsi à proposer des réformes destinées à assainir le secteur foncier et immobilier et à renforcer la transparence dans la gestion du patrimoine immobilier en Guinée.
Barry 3, miroirguinee.com




