Le président de la Plateforme Nationale de l’Union Citoyenne pour l’Émergence de la Guinée (PN-UCEG), Amadou Barry, s’est prononcé sur la polémique née autour d’une récente déclaration du Premier Imam de la République, Mamadou Saliou Camara, qui suscite depuis quelques jours de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.
Dans une déclaration, Amadou Barry indique avoir pris le temps d’écouter attentivement l’intervention du Premier Imam avant de se faire une opinion. Il dit notamment retenir de son message un appel à privilégier « des paroles de bonheur et de bien », ainsi qu’à placer sa confiance en Dieu. Le président de la PN-UCEG estime également que le débat autour de cette intervention doit se dérouler dans le respect, même lorsque les opinions divergent.
« La liberté d’expression ne donne pas le droit de porter atteinte à la dignité d’autrui »
Amadou Barry rappelle que la liberté d’expression permet de critiquer une autorité religieuse, publique ou toute autre personnalité. Toutefois, selon lui, cette liberté ne devrait pas être assimilée à l’insulte, à l’humiliation ou au manque de respect.
Il appelle ainsi à éviter que les divergences d’opinion ne se transforment en affrontements entre différents camps. Pour lui, les citoyens doivent également s’interroger sur leurs propres pratiques dans les débats publics, notamment sur les réseaux sociaux, et sur l’impact de leurs publications sur la cohésion sociale.
Le président de la PN-UCEG souligne par ailleurs que les nouvelles technologies permettent aujourd’hui à une parole d’atteindre rapidement un grand nombre de personnes, ce qui implique, selon lui, davantage de responsabilité dans leur utilisation.
Un appel au pardon en faveur de Bella Bah
Abordant directement la situation de l’activiste Bella Bah, Amadou Barry indique que celui-ci a été interpellé. Il évoque également des informations faisant état d’une éventuelle plainte du Premier Imam, tout en précisant ne pas être en mesure d’en confirmer personnellement l’existence ni les circonstances.
Dans ce contexte, il lance un appel au pardon et à l’apaisement au Premier Imam Mamadou Saliou Camara. Il lui demande, en sa qualité d’autorité religieuse, d’accorder sa clémence à Bella Bah, malgré les propos qui auraient été tenus à son encontre.
Pour Amadou Barry, pardonner ne signifie ni approuver l’insulte ni renoncer au respect dû aux responsables religieux. Il estime que le pardon peut également contribuer à « enseigner, rassembler et apaiser ».
Un appel à la responsabilité sur les réseaux sociaux
Le président de la PN-UCEG invite également les citoyens et les activistes à faire de la liberté d’expression un moyen de contribuer au débat public plutôt qu’un instrument d’humiliation ou de division.
« Une société juste ne répond pas à l’excès par l’excès », soutient-il, estimant que la Guinée a besoin à la fois de débats, de critiques et de citoyens vigilants, mais également de respect, de responsabilité, de tolérance et de mesure.
En conclusion, Amadou Barry résume son appel en quatre principes : « La liberté nous donne le droit de parler. La responsabilité nous apprend comment parler. Le pardon nous permet parfois de nous retrouver. Et la citoyenneté nous rappelle que, malgré nos différences, nous avons une même nation à préserver.»
Miroirguinee.com



