À la suite du passage des engins dans la commune urbaine de Sanoyah, dans le cadre des opérations de déguerpissement, plusieurs magasins et boutiques ont été détruits, laissant de nombreux commerçants sans espace d’activité. Face à cette situation, ces derniers ont adressé un plaidoyer au président Mamadi Doumbouya et à son gouvernement pour l’obtention de sites de recasement.
L’appel a été lancé ce mardi 10 février 2026, en marge de l’installation du bureau des membres de la section syndicale du commerce et de la friperie de la commune urbaine de Sanoyah. Cette nouvelle structure locale est composée de 30 membres.
Prenant la parole à cette occasion, le secrétaire général de la Fédération syndicale du commerce et de la friperie de Guinée, Abdoul Karim Touré, a rappelé que les opérations de déguerpissement ne doivent pas être perçues comme « une sanction aveugle » ni comme « une injustice sociale ». Selon lui, lorsqu’il est concerté, humain et accompagné de solutions alternatives, le déguerpissement peut contribuer à libérer les voies publiques, améliorer la circulation, renforcer la salubrité et la sécurité, et protéger les commerçants contre les risques d’accidents, d’incendies et de pertes économiques.
Il a appelé les autorités à privilégier le dialogue social, à associer les syndicats et les représentants des commerçants aux opérations de déguerpissement et, surtout, à prévoir des sites de recasement adaptés.
De son côté, Mariama Ciré Sylla, secrétaire chargée de l’organisation et de la planification, s’exprimant au nom des commerçants déguerpis, a indiqué que ces opérations ont entraîné des conséquences sociales importantes, évoquant des risques de déscolarisation d’enfants, l’endettement de plusieurs commerçants et un climat d’inquiétude au sein des familles concernées.
Les commerçants affirment ne pas s’opposer à l’autorité de l’État, mais demandent un recasement « dans des conditions appropriées, viables et accessibles » afin de pouvoir reprendre leurs activités dans la légalité. Ils plaident pour une solution qu’ils souhaitent durable, concertée et équitable, estimant qu’un accompagnement adéquat contribuerait à la lutte contre la pauvreté et au renforcement de la confiance entre les citoyens et les autorités.
Barry 3, miroirguinee.com



